Dans l'temps 25 novembre 2020

Jeep CJ-3B 1953 une vraie millitaire

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La Jeep est un des rares véhicules que n'importe qui peut identifier au premier coup d' œil. Son design a certes évolué depuis la Deuxième Guerre mondiale, mais les stylistes ont su conserver cette silhouette qui la distingue et qui est responsable de son succès depuis des décennies.

Un Montréalais âgé de 76 ans lorsque nous l'avons rencontré en octobre 1996, possédait alors une CJ-3B 1953. Il s'agit du premier modèle relativement nouveau, depuis que la petite bête de somme militaire a entrepris une carrière civile en 1945. La CJ-3A a été créée en 1950.

Jusqu'en 1953, Willys a utilisé le moteur 4 cylindres en ligne de 134,2 po3 (2200 cc), d'une puissance de 60 chevaux. Le 28 janvier de cette année-là, la Jeep a hérité d'un nouveau moteur, le «Hurricane Four», à soupapes en tête. Le volume restait le même, mais, avec l'augmentation de la compression, la puissance atteignait 70 chevaux.

Pour accommoder le nouveau moteur, il a fallu élever le capot et donc «étirer» la calandre. Ces modifications ont déséquilibré l'agréable silhouette trapue des modèles précédents, la faisant soudainement paraître beaucoup plus étroite. Malgré tout, la CJ-3B ne peut renier son passé militaire. Aucun gadget inutile. Tout est conçu en fonction de l'utilité.

Une plaque sur le tableau de bord ne laisse planer aucun doute sur la fonction du véhicule. On y lit d'abord que c'est un quatre roues motrices d'une capacité d'un quart de tonne, fabriqué par WillysOverland Motor, de Toledo, Ohio. La boîte est à 3 rapports et, selon le régime choisi, la vitesse maximale est de 60 mi/h, 38 mi/hou 21 mi/h (96 km/h, 60 km/h ou 34 km/h).

Ce véhicule plutôt rudimentaire est donc plus à l'aise sur les routes secondaires ou encore dans les sentiers. Lors de notre rencontre, M. Labrosse revenait d'une randonnée avec un copain, dans la région de Saint-Eustache. Il ne faut évidemment pas être pressé, comme l'a appris un ami de M. Labrosse lorsqu'il a conduit la Jeep jusqu'à Granby, à l'été 1996. Si M. Labrosse ne dépasse jamais 45 mi/h (70 km/h), il semble que son ami soit allé plus vite.

Il a fait éclater le moteur et il en a coûté 700 $ à M. Labrosse pour le faire réparer. M. Labrosse a acheté sa Jeep en 1994. Le propriétaire précédent la possédait depuis 15 ans et l'avait obtenue du propriétaire original. Elle était passablement rouillée lorsque M. Labrosse en a pris possession. Il a effectué lui-même la restauration dans le hangar de la compagnie Avtech, à Dorval, dont son fils, Pierre, est le président.

Louis Labrosse est un chef inspecteur de Canadair à la retraite. Il possède son brevet d'ingénieur depuis 1946 et est en plus pilote à ses heures. La mécanique n'a donc pas de secret pour lui. La restauration de la Jeep lui a demandé deux ans de travail. «rai eu de la difficulté à me procurer des pièces, car les modèles 1953 sont rares. On n'en voit nulle part. C'est à Maskinongé que j'en ai trouvées le plus», a-t-il expliqué.

Faire le tour de cet ancêtre de la TJ est un exercice intéressant. D'abord, le conducteur est assis sur le réservoir d'essence. Sous le siège de droite, on trouve un coffre de rangement dont le couvercle peut être verrouillé avec un cadenas. Il est possible d'ajouter un autre siège à l'arrière. Le tableau de bord est un simple morceau de métal de la couleur de la carrosserie. Les différents cadrans et jauges sont regroupés au centre. Le démarreur s'actionne au pied.

Après examen, on retient surtout une chose: la robustesse de la mécanique pour répondre aux normes militaires. +

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