Les Anciennes 25 novembre 2020

Chrysler 300 G 1961, Belle rare et performante

La Chrysler 300 G 1961 de Roger Bilodeau, de Sainte-Marie, en Beauce, était attendue et n'a pas déçu, raflant les grands honneurs de cinq des six premiers concours d'élégance auxquels elle a été inscrite.

Partir de Stowe, au Vermont, avec le «Best of Show», c'est tout un honneur, compte tenu du niveau élevé de la compétition. Chambly et Brockville, en Ontario, deux autres concours importants, figurent à son palmarès.

Il fallait voir la foule autour de la décapotable rouge lors de sa toute première sortie, le 15 juillet 1995, à Rimouski. Elle a littéralement volé la vedette. Roger et Mariette Bilodeau n'ont pas eu beaucoup de répit pendant les deux jours passés dans le parc Beauséjour.

Voiture haut de gamme de haute performance, la Chrysler 300 G était dans une classe à part avec ses sièges avant pivotants en cuir véritable et son tableau de bord très élaboré. Et que dire de son moteur, un monstre de 413 po3 (6769 cc), produisant 375 chevaux? Pour l'alimenter, deux carburateurs à quatre corps, disposés de chaque côté du bloc. C'est spectaculaire.

Chrysler n'a produit que 337 décapotables 300 G et 1280 deux portes hard-top. Avec des factures de départ respectives de 5841 et 5411 $ US, on comprend pourquoi. En com*paraison, la plus populaire des Chrysler 1961, la Sedan Newport, produite à 34 370 exemplaires, avait un prix de départ de seulement 2964 $.

Des 300 G, il n'en reste qu'une quarantaine en circulation. Elles sont recherchées et convoitées. Roger Bilodeau a découvert la sienne en Caroline du Nord, dans les annonces d'une revue spécialisée. Après sept ou huit échanges téléphoniques avec le propriétaire, il décide d'acheter la voiture de ses rêves. Il prend donc la direction des États-Unis avec sa femme. Deux jours de train pour se rendre à destination. «J'avais l'argent dans mes poches, je l'ai achetée et je suis revenu avec elle», rappelle Roger Bilodeau.

Avant d'entreprendre la restauration, il a acheté deux autres décapotables pour les pièces. «Quand j'ai eu tout ça dans la tête, j'ai dit: "On rentre tout, on défait tout et on se fait un char de même"», explique-t-il en pointant sa Chrysler.

«J'ai mis 1400 heures. Tout ce qui peut se défaire, je l'ai défait. Le moteur était bon, mais il fallait que je voie de mes yeux, car je fais beaucoup de route. J'en ai profité pour changer les pistons et réviser les soupapes. J'ai également fait refaire la transmission, même si c'était beau. Je suis aussi allé voir le différentiel», de raconter ce propriétaire d'une entreprise de silencieux. La suspension a subi le même traitement.

Pour compléter sa voiture, il s'est livré à une véritable chasse au trésor: l'intérieur en cuir vient du Montana; l'antenne et le fond de la calandre de l'Oregon; une enveloppe d'un feu arrière de Pennsylvanie, au coût de 120 $; l'autre du Massachusetts, à 195 $ (pas le choix!). Maintenant les enjoliveurs de roues. Il a contacté un individu de la Californie qui venait de vendre les siens, mais qui l'a mis sur la piste d'un ami, au Colorado, qui en possédait un jeu depuis 20 ans. Le prix: 500 $.

Reste le coup d'œil final: la peinture.

C'est l' œuvre de son frère Pierre, dont la qualité du travail est exceptionnelle. Il en résulte donc une voiture plus neuve que neuve, avec laquelle Roger Bilodeau a par*couru plus de 3000 milles ( 4800 km) en l'espace d'un mois et demi.

Il manque encore deux éléments pour que la 300 G satisfasse complètement son propriétaire, Il s'agit de deux options: un rétroviseur dont l'angle change automatiquement, le soir, à l'approche d'une autre voiture, et les ceintures de sécurité avec le sigle 300 sur les boucles. La voiture com*porte déjà un autre gadget qui retient l'attention: un tourne-disques 45 tours.

Lorsqu'on faisait l'éloge de sa Plymouth 1956 décapotable, Roger Bilodeau déviait la conversation vers «l'autre qui s'en vient», la Chrysler 300, avec un air énigmatique. On sait maintenant pourquoi. -:--

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