Les Anciennes 25 novembre 2020

La Buick Riviera GS Gran-Sport 1972

Lorsque Marc Boulanger, un avocat de Québec, s'est présenté à Maricourt, quelque part entre Granby et Sherbrooke, le 12 mai 1999, il arrivait de Toronto au volant de sa Buick Riviera GS 1972.

Après la séance de photos et l'entrevue, il reprenait la route vers Québec. Mille milles (1600 km) en deux jours! «Je suis parti à 9 h 10 hier soir et je suis arrivé à Montréal à 4 h ce matin. J'ai circulé de nuit. C'est donc dire que j'ai une confiance absolue dans ma GS», confie-t-il.

Pas de doute, sa voiture est en bon état. Le compteur affiche 73 000 milles (116 800 km), ce qui est relativement jeune pour l'énorme V8 de 455 po3 (7374 cc). Sa puissance nette est de 260 chevaux, soit 10 de plus que celui de la Riviera de base. Il s'agit d'une nouvelle façon de calculer la puissance, car le même moteur produisait 330 chevaux l'année précédente.

Me Boulanger a acheté sa Riviera en 1998, mais il en désirait une depuis 1972. Il avait alors 14 ans. «J'étais dans un camp de vacances en Ontario. La voiture du propriétaire de l'endroit était une splendeur. Je me suis dit qu'un jour j'en aurais une semblable. C'était une Riviera 1972. Je me souviens de tout, et bien sûr de la couleur.

Ça m'a pris 25 ans, mais j'ai fini par en trouver une.» Il a découvert la Riviera qu'il pilote aujourd'hui à Montréal, en 1991. Pourquoi ce long délai avant l'achat? «J'avais offert au propriétaire de l'acheter. Sa Buick était belle et en ordre à ce moment-là. Il a refusé de me la vendre pour une différence de prix de 500 $. C'était ridicule.

Il m'a envoyé promener, bête comme ses pieds. J'ai su pourquoi plus tard. Il était alors en procédure de divorce. Sachant que j'étais avocat, il croyait que j'étais un espion de sa femme qui cherchait à connaître ses actifs et ses activités.» Entre-temps, il a poursuivi ses recherches. « Ce genre de voiture est introuvable. Ou elle est trop chère ou elle se trouve trop loin. J'en avais trouvé une en Saskatchewan!» explique-t-il.

Elle s'est transformée en mirage à cause de la distance. En 1998, il a découvert une GS 1973 à Montmagny. Le prix était trop élevé et il possédait déjà une 1973. Il préfère les modèles des deux années précédentes, dont l'arrière est plus pointu. Ce sont les seules véritables « boattails » selon lui. Entre la 1971 et la 1972, son choix s'arrête sur la 1972 qui n'a pas de persiennes sur le couvercle du coffre arrière.

C'est d'ailleurs la dernière année que Buick a utilisé cette forme de carrosserie. Finalement, il a de nouveau contacté l'homme en instance de divorce. Il possédait toujours la GS et il a accepté de la lui céder. « Si vous aviez vu comment elle était décrépite ! Neuf ans dehors, la tête en bas. Leau s'était infiltrée dans l'habitacle et dans le coffre. Le réservoir d'essence et le coffre étaient percés. Quand j'ouvrais ce dernier, je voyais mes pieds. Un désastre! C'est de la cruauté. S'il existait une Société protectrice des voitures, je l'aurais dénoncé. En plus, c'était une GS, une voiture prisée et de grande qualité.

Un vrai pur-sang! Pour moi, c'était un homme qui battait sa voiture. C'est un crime contre la lumière», plaide l'avocat dans une envolée. Sa cause n'était pas gagnée pour autant: «Quand ma femme a vu que je l'achetais, j'ai pensé qu'elle allait me dévisser la tête. Elle m'a dit: "Tu en as déjà une." Je lui ai répliqué:
"Oui, je sais. Je suis comme un collectionneur de timbres achetant une paire de timbres. Il y a le rouge et le bleu. Ils sont pareils ... et pas pareils." Elle a fini par se calmer», raconte-t-il.

Depuis, il s'est occupé à refaire une beauté à sa GS. Il en a profité pour changer la couleur. Elle est maintenant recouverte d'une pellicule qui passe de la couleur cuivre à caramel selon la lumière. C'est la teinte authentique de l'époque. Il avoue toutefois qu'il reste encore du travail à effectuer pour la rendre parfaite.

C'est toujours un charme d'entendre le puissant ronronnement de l'échappement double. D'ailleurs la version GS, pour GranD Sport, atteint 60 mi/h (96 km/h) en 10 secondes. Pas mal pour une voiture de 5000 lb (2273 kg).

Au moment de notre rencontre, Marc Boulanger possédait d'autres voitures, dont une Imperia! LeBaron 1967 extrêmement rare. Il faut aussi l'entendre parler de sa Volkswagen «Coccinelle» 1973. Elle vient de Floride. Elle est bleu poudre avec un toit ouvrant et l'air conditionné installé à l'usine.

Il devient soudain philosophe: « Les grands-mères me font des signes de la main. Cette voiture inspire confiance. Quelqu'un de mauvais ne peut pas en posséder une.» Philippe, son fils de 14 ans, s'intéresse à ses automobiles. Marc Boulanger rêve du jour où, au volant de la 1972, il suivra Philippe au volant de la Buick 1973.

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