
Combien de fois a-t-on entendu automobilistes et spécialistes débattre de la durée de vie moyenne d'une voiture, du nombre d'années d'utilisation avant de la changer ou encore du kilométrage au-delà duquel il faut s'attendre à avoir des problèmes. Ce débat m'a toujours fait sourire, car lorsque vient le temps de passer chez un concessionnaire, on ne me demande même pas la marque ou l'année de mon véhicule. Tout ce qu'on veut savoir, c'est son poids avant de l'expédier à la casse.
Depuis ma première voiture en 1960, aucune n'a résisté plus de neuf ans. C'est pourquoi lorsque je rencontre une personne dont le véhicule de tous les jours s'apprête à célébrer son 3oe anniversaire et semble avoir seulement un an d'usure, je suis étonné. Tout cela m'amène à vous parler de John Vogt, d'East Angus, dans les Cantons-de-l'Est, et de sa Buick LeSabre 1970, qui a parcouru 90 000 milles (144 000 km). Lorsqu'il l'a achetée en 1996, le compteur affichait 70 000 milles (112 650 km). Au cours de son existence, elle a été repeinte une seule fois. Rien d'autre n'a été retouché. « On peut encore voir la peinture originale sur le châssis et le dessous du véhicule», révèle M. Vogt.
«Je la fais graisser bien comme il faut pour l'hiver. Depuis que je l'ai achetée, je m'en sers pour aller travailler. Il faut dire que je ne travaille pas loin et, en plus, on ne met pas de sel sur ce trajet», ajoute-t-il. M. Vogt n'est pas un amateur de voitures anciennes qui cherchait désespérément une marque et une année en particulier. Il voulait seulement une bonne voiture d'occasion. «Je ne suis pas vraiment amateur de Buick. C'est d'ailleurs ma première Buick. J'ai cependant eu beaucoup de GM et de Ford», confie-t-il.
Il a déniché la perle rare dans un cimetière d'autos à Cookshire. «Je connaissais le propriétaire. Il ne l'a jamais utilisée. Il l'avait achetée à un individu d'un village voisin qui avait besoin d'argent. C'est un ami qui m'a dit que cette auto était là. Je suis allé la voir, mais j'ai hésité. Je cherchais depuis le début de l'été. Je voulais avoir une bonne voiture, mais sans payer une fortune. Je suis allé voir des autos annoncées dans un hebdomadaire. Sur papier, elles étaient toutes belles et neuves, mais quand je les ai vues, c'était bien différent. Certaines étaient vraiment pourries.
La Buick n'était pas le modèle que je cherchais. Quand j'ai vu que je n'en trouvais pas à mon goût et au prix que je voulais payer, j'ai décidé de l'acheter. Elle était vraiment en bon état», d'expliquer M. Vogt.Elle est propulsée par un V8 de 350 po3 (5735 cc), d'une puissance de 260 chevaux. Ces gros moteurs sont infatigables et permettent de réaliser des performances satisfaisantes malgré la masse à mouvoir.
La berline de M. Vogt était la moins chère des Buick grand format en 1970. Les «petites» Skylark étaient toujours là. À l'autre extrémité de la gamme, on retrouvait l'Electra et la Riviera. John Vogt affirme être satisfait de son achat. «j'ai moins peur de partir avec cette auto et de tomber en panne que de partir avec la voiture de ma femme», soutient-il.



